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Affaire des bébés congelés : Mme Courjault est passée aux aveux QUESTION À PAUL BENSUSSAN, EXPERT PSYCHIATRE « L'infanticide peut être lié au déni » |
'attitude de la mère des bébés relève-t-elle d'un déni de grossesse ? Il faut être très prudent, car nous ne connaissons pas la façon dont ce couple cohabitait, et le rôle exact du mari n'est pas encore connu dans cette affaire. Le déni de grossesse, bien connu des psychiatres, concerne surtout les adolescentes, mais peut aussi toucher des femmes qui ne sont pas en situation psychologique et matérielle d'accueillir un enfant. Il se caractérise par une non perception des mouvements foetaux, une attribution à d'autres causes de la prise de poids. Notre capacité à nous aveugler, notre cécité psychique, est sans limite, et peut s'étendre à notre entourage. On peut vivre neuf mois à côté de quelqu'un sans percevoir sa transformation, comme l'on peut côtoyer toute sa vie quelqu'un sans soupçonner sa pathologie. Rien ne nous dit cependant que nous sommes dans un cas aussi typique. L'infanticide peut être lié au déni : la brutale levée de cette cécité, la confrontation au corps du bébé, créent un choc tel qu'il peut favoriser un passage à l'acte. Quant à la conservation du corps, elle peut être une façon de figer l'instant. S'il existe une culpabilité d'avoir occulté une grossesse et d'avoir laissé mourir un enfant, la congélation peut apparaître moins atroce que le fait de l'enterrer ou de l'assimiler à un déchet en s'en débarrassant. Propos recueillis par Nathalie Guibert |
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'attitude de la mère des bébés relève-t-elle d'un déni de grossesse ? Il faut être très prudent, car nous ne connaissons pas la façon dont ce couple cohabitait, et le rôle exact du mari n'est pas encore connu dans cette affaire.