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« Il est un négationniste de l’inceste. »

Mon audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale s’est ouverte sur cette phrase : « Je ne viens nullement ici nier la réalité de l’inceste, ni son ampleur, ni sa gravité. » Plus loin, à la question de savoir si un père auteur d’inceste pouvait être déchu de ses droits : « Les pères ayant violé ne sont plus des pères ; ils se sont déchus eux-mêmes de leur fonction parentale » (Assemblée nationale, audition du 6 mai 2026).

L’expert apprécie une situation clinique et un risque. Il ne prétend pas accéder à une vérité historique, que la science psychiatrique ne lui permet pas d’établir. Il ne peut qu’établir une vérité psychologique : ce que chacun a vécu, ce qui ressort de l’histoire familiale. Il ne doit pas davantage dire si un mis en cause est coupable : ce qui reviendrait, selon le titre d’un de mes articles consacré à ce risque, à « s’asseoir dans le fauteuil du juge » (P. Bensussan, « Expertise en affaires familiales : quand l’expert s’assoit dans le fauteuil du juge », Annales médico-psychologiques, 2006).

Lorsque des signaux d’alarme existent, même sans preuve établie, je déconseille la reprise des contacts ou préconise de l’entourer de garanties. Quand une allégation n’a pas été démontrée, mais que le lien a été durablement suspendu ou profondément altéré, ma recommandation est en général une reprise progressive, parfois uniquement dans le cadre d’une thérapie entre l’enfant et le parent (Assemblée nationale, audition du 6 mai 2026). C’est une démarche lente, mais infiniment plus sécurisante, et surtout plus constructive, qu’un droit de visite rétabli dans l’angoisse : pour l’enfant, pour le parent gardien, et même pour le parent qui a été mis en cause.

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