« On dit de moi trop de bien ou trop de mal ; je jouis des honneurs de l’exagération. » Le mot est prêté à Talleyrand, auquel je n’ai pas la prétention de me comparer. Il décrit pourtant assez bien ma situation, même si je ne suis pas certain d’y prendre autant de plaisir que lui.
Le « trop de mal » se trouve sans peine : il suffit de taper mon nom. On m’a même trouvé une étiquette, accolée à ce nom : je serais un « expert controversé ». C’est-à-dire un expert dont l’une des parties n’aime pas les conclusions. Autrement dit, un expert.
J’ai longtemps laissé dire : la confiance des magistrats, renouvelée depuis trente ans, me paraissait la meilleure des réponses. J’ai renoncé à corriger ma page Wikipédia, où les critiques s’accumulent tandis que les décisions de justice qui leur ont répondu sont à peine mentionnées. La moindre correction, sitôt suggérée ou mise en ligne, faisait bondir. L’exercice s’annonçait sisyphien : je n’ai pas insisté. Mais une accusation inlassablement répétée finit par passer pour un fait. Si les magistrats me jugent sur la qualité de mes rapports, les personnes et les familles que je rencontre lors d’une expertise, elles, peuvent me découvrir sur Internet et arriver troublées, voire inquiètes : le silence a montré ses limites.
J’ai donc rassemblé ici, point par point et pièces à l’appui, ce qu’on dit de moi et ce qu’il en est. Le lecteur jugera. Cette page n’est bien sûr pas conçue pour être lue d’un bloc, sauf peut-être par mes détracteurs les plus assidus. Chacun peut se reporter directement, dans le sommaire ci-dessous, à la critique qui l’a conduit ici : j’espère qu’il y trouvera une réponse.
Les titres résument les reproches tels qu’ils circulent ; ce ne sont pas des citations. Lorsqu’une critique porte sur un dossier couvert par le secret, je n’en dis que ce qui est déjà public, et les décisions citées peuvent être communiquées aux magistrats qui le souhaitent.
J’espère enfin l’indulgence du lecteur pressé pour la longueur de certaines réponses. Rousseau en savait quelque chose :